Perte de sens : comment retrouver du sens à sa vie ?
Perte de sens : comment retrouver du sens à sa vie quand tout semble injuste ?
Il y a des périodes où la vie ne ressemble plus du tout à ce que nous avions imaginé. Un deuil, une séparation, une maladie, une injustice, un projet profondément désiré qui n’aboutit pas, une situation familiale ou professionnelle qui bascule…
Parfois, nous savons exactement ce qui s’est passé. Nous pouvons presque dater l’avant et l’après. À d’autres moments, c’est plus diffus : extérieurement, notre vie semble continuer, mais intérieurement quelque chose ne tient plus comme avant. Ce qui nous portait perd de sa saveur, nos certitudes vacillent et nous ne savons plus très bien dans quelle direction avancer.
Alors une question revient : « Pourquoi ? Pourquoi cela m’arrive-t-il ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi malgré tout ce que j’ai essayé, compris, travaillé ou espéré ? »
Chercher une explication est profondément humain. Nous avons besoin de cohérence pour nous orienter, et lorsque la réalité ne correspond plus à ce que nous pensions juste, logique ou possible, notre esprit tente naturellement de reconstruire une histoire qui tienne debout.
La spiritualité peut parfois donner des repères. Mais elle peut aussi devenir douloureuse lorsque nous avons l’impression qu’elle devrait forcément nous fournir une réponse. Je ne crois pas que nous ayons besoin d’affirmer que « tout arrive pour une raison » pour continuer à avancer. Certaines expériences pourront prendre un sens avec le temps ; d’autres resteront peut-être en partie incompréhensibles.
C’est là qu’une distinction me paraît essentielle : trouver le sens de ce qui nous arrive et retrouver du sens à notre vie ne sont pas nécessairement la même chose.
Certaines réponses viendront peut-être. D’autres non. Et entre ces deux possibilités, il existe un chemin qui ne consiste ni à renoncer à comprendre, ni à tout accepter passivement, mais à retrouver progressivement suffisamment d’espace intérieur pour nous demander : si je ne peux pas tout expliquer aujourd’hui, comment puis-je néanmoins continuer à vivre, à choisir, à aimer, à créer, à croire peut-être, et à avancer ?
Pourquoi avons-nous tellement besoin de comprendre ce qui nous arrive ?
Comprendre nous aide habituellement à nous orienter. Lorsque quelque chose arrive, notre esprit cherche à relier l’événement à ce qu’il connaît déjà : nos croyances, nos projets, nos valeurs, l’idée que nous nous faisons du monde et de nous-mêmes. Tant que les pièces s’assemblent à peu près, notre carte intérieure reste utilisable. Mais lorsqu’un événement vient contredire profondément cette carte, un écart apparaît entre ce qui est et ce qui, selon nous, aurait dû être.
Les travaux sur la construction du sens montrent que nous cherchons souvent à réduire cet écart. Nous réinterprétons l’événement, nous réexaminons certaines croyances, nous cherchons des informations ou une nouvelle manière de comprendre notre histoire. Ce mouvement peut être précieux. Il devient plus difficile lorsque nous attendons de la compréhension qu’elle supprime à elle seule la douleur ou l’incertitude.
Quand nous devons aussi faire le deuil de ce qui aurait dû être
Une épreuve ne nous fait pas seulement perdre quelque chose de concret. Elle peut aussi nous obliger à faire le deuil d’un futur imaginé, d’une sécurité que nous pensions acquise, d’une relation telle que nous l’espérions ou d’une version de nous-mêmes qui croyait encore certaines choses possibles.
Vouloir transformer immédiatement cette perte en « leçon » ou en « cadeau » peut alors ajouter une violence supplémentaire. Il y a parfois d’abord quelque chose à reconnaître, à ressentir et à traverser.
Pourquoi l’injustice nous bouleverse-t-elle autant ?
Le sentiment d’injustice touche souvent à quelque chose de très profond : notre besoin de croire que le monde conserve un minimum de cohérence entre ce que nous faisons et ce qui nous arrive. Nous pouvons savoir intellectuellement que la vie n’est pas parfaitement juste et, malgré tout, être bouleversés lorsque l’expérience nous le rappelle de façon intime.
Nous pouvons alors nous dire : « J’ai fait de mon mieux. J’ai pris soin de moi. J’ai essayé d’agir correctement. Pourquoi cela arrive-t-il quand même ? » Le pourquoi factuel cherche des causes. Le pourquoi intime, lui, demande parfois : « pourquoi moi ? », « qu’est-ce que cela dit de ma vie ? », « comment continuer à croire en ce qui me portait ? ».
Quand ce qui se passe aujourd’hui vient toucher quelque chose de plus ancien
Une situation actuelle peut également réveiller une peur, un sentiment d’abandon, de rejet, d’impuissance, d’humiliation, de trahison ou d’injustice déjà rencontré auparavant. Cela ne signifie pas que le présent serait « seulement » le passé qui se répète. La situation actuelle est réelle. Mais l’intensité de notre réaction peut aussi être influencée par notre histoire, nos apprentissages et notre état intérieur du moment.
Entre « ce qui est » et « ce qui aurait dû être »
Reconnaître la réalité ne signifie pas la trouver juste. L’acceptation dont je parle ici n’est ni une approbation, ni une résignation. Elle consiste d’abord à cesser de demander au réel d’être différent pour pouvoir commencer à regarder ce qui est encore possible à partir d’ici.
Quand chercher à comprendre finit par nous enfermer
Chercher une réponse peut nous aider à reprendre pied. Mais il arrive aussi qu’à force de revenir sur les mêmes questions, la recherche ne produise plus d’information nouvelle. Nous rejouons les scénarios, nous cherchons le détail qui nous aurait échappé, nous examinons encore une hypothèse, puis une autre. Comprendre et ruminer ne sont pas la même chose.
Le basculement se produit souvent lorsque « j’aimerais comprendre » devient : « j’ai besoin de comprendre pour aller mieux ». La paix se retrouve alors suspendue à une réponse que nous ne contrôlons pas. Or certaines réponses arrivent tard, certaines restent partielles, et certaines ne viennent jamais.
La connaissance de soi peut nous aider à mieux vivre, mais elle ne nous donne pas la maîtrise de la vie. De la même manière, une lecture psychologique, énergétique, transgénérationnelle ou spirituelle peut parfois ouvrir une piste intéressante sans pour autant devenir une vérité définitive. Une piste spirituelle devrait nous aider à ouvrir une compréhension possible, pas à refermer l’inconnu avec une certitude de plus.
Elle ne devrait surtout pas nous conduire à penser que, si nous souffrons encore, c’est que nous n’avons pas suffisamment compris, libéré, vibré ou travaillé sur nous. Une piste de compréhension devrait ouvrir de l’espace, jamais devenir une nouvelle raison de se culpabiliser.
Quand l’épreuve vient aussi ébranler notre spiritualité
Il existe parfois, sans que nous nous en rendions compte, une sorte de contrat implicite avec la vie : si je fais mon travail intérieur, si je suis attentive, si je guéris mes blessures, si je médite, si j’écoute les signes, alors quelque chose devrait me protéger. Et lorsque l’épreuve arrive malgré tout, ce n’est pas seulement notre quotidien qui vacille ; c’est parfois notre relation à la vie, à Dieu, à l’Univers ou à ce que nous appelons « plus grand ».
Nous pouvons nous sentir trahis, comme si tout ce chemin n’avait servi à rien. Pourtant, être spirituel ne signifie pas devoir trouver une justification spirituelle à tout ce qui nous arrive. La spiritualité n’a pas à fonctionner comme un système de récompense dans lequel les « bons élèves » seraient épargnés.
Dans ma pratique, il m’arrive d’explorer plusieurs niveaux de lecture : l’histoire familiale et transgénérationnelle, certaines expériences très précoces, le vécu émotionnel et corporel et, pour les personnes qui s’inscrivent dans cette vision, des pistes plus spirituelles ou karmiques. Je ne les considère pas comme des explications à imposer, encore moins comme une manière de justifier une épreuve. Ce sont des cadres d’exploration possibles, à distinguer des connaissances établies par la psychologie ou les neurosciences.
Peut-être que la foi ne consiste pas à croire que la vie nous épargnera ce qui fait mal. Elle peut aussi être une manière de rester en relation avec quelque chose de plus grand lorsque nous ne comprenons plus.
« Déposer » une question, une peur ou une douleur à plus grand que soi n’oblige pas à devenir passif. Cela peut simplement permettre de ne plus porter seul l’exigence de tout expliquer.
La spiritualité n’a pas besoin d’expliquer toutes nos blessures. Elle peut aussi nous aider à traverser ce que nous ne comprenons pas.
Trouver le sens de ce qui nous arrive et retrouver du sens à notre vie : deux quêtes différentes
Donner un sens à un événement consiste à essayer de comprendre pourquoi il s’est produit, ce qu’il signifie ou comment il s’inscrit dans notre histoire. Retrouver du sens à sa vie est une autre question : qu’est-ce qui mérite encore d’être vécu, aimé, protégé, créé ou transmis à partir d’aujourd’hui ?
Les travaux de Viktor Frankl (Psychiatre autrichien) ont largement contribué à montrer l’importance de la recherche de sens dans l’existence humaine. Cela ne veut pas dire que nous devons considérer la souffrance comme nécessaire ou souhaitable. Nous n’avons pas l’obligation de devenir une meilleure version de nous-mêmes parce que nous avons souffert.
Retrouver une part de choix là où nous ne pouvons plus choisir ce qui est arrivé
Lorsque nous ne pouvons pas modifier un fait, il reste parfois une marge de mouvement dans notre manière d’y répondre. Les approches centrées sur les valeurs et la flexibilité psychologique invitent notamment à regarder ce qui compte encore et à poser des actes cohérents avec cela, même en présence d’émotions difficiles.
La question peut alors devenir : « Dans cette réalité que je n’ai pas choisie, qu’est-ce qui dépend encore de moi ? » Il ne s’agit pas de reprendre le contrôle sur tout, mais de retrouver suffisamment de prise pour ne pas laisser une zone d’impuissance envahir toute notre existence.
Quand le corps et le système nerveux ont, eux aussi, quelque chose à nous raconter
Lorsque quelque chose nous bouleverse, notre réaction n’est pas seulement intellectuelle. Le corps participe lui aussi à l’expérience : tension, agitation, fatigue, vigilance, besoin de fuir, difficulté à se poser ou, au contraire, impression d’être coupé de ce que l’on ressent. Ces réactions peuvent être influencées par le contexte présent, mais aussi par notre histoire d’apprentissage et notre état physiologique.
Nous ne réagissons pas toujours uniquement à ce qui se passe aujourd’hui
Nous pouvons aussi réagir à ce que la situation actuelle réveille en nous. En accompagnement, je cherche donc à distinguer ce qui appartient à la situation présente de ce qu’elle vient réactiver : une peur ancienne, un sentiment d’abandon, d’impuissance, de rejet, d’humiliation, d’injustice ou de trahison, par exemple.
Pourquoi comprendre avec la tête ne suffit pas toujours
Nous pouvons avoir parfaitement compris une situation et continuer à nous sentir submergés. Ce décalage n’est pas incohérent : comprendre intellectuellement ne transforme pas instantanément les réactions émotionnelles, corporelles ou relationnelles qui se sont construites au fil du temps.
Retrouver de la sécurité avant de vouloir absolument retrouver du sens
Dans certaines périodes, la priorité n’est donc pas de produire immédiatement une nouvelle philosophie de vie. Il peut être plus juste de retrouver du repos, du soutien, des repères simples, une relation sécurisante, un peu de stabilité et une capacité à revenir au présent. Le sens se reconstruit parfois mieux lorsque notre système n’est plus occupé en permanence à faire face à l’urgence intérieure.
Retrouver une boussole plutôt qu’une explication
Lorsque l’explication manque, une boussole peut être plus utile qu’une réponse définitive. Une première étape consiste à distinguer les faits, les interprétations que nous construisons et ce que nous ne savons pas encore. Cette distinction ne retire rien à nos ressentis ; elle évite simplement de transformer trop vite une hypothèse en certitude.
Lorsque tout se mélange, ces questions sont plus faciles à explorer avec un support concret. C’est ce que je vous propose dans le guide gratuit ci-dessous.
Retrouver du sens en revenant au lien et en faisant sa part
Le sens se reconstruit rarement uniquement dans notre tête. Il peut revenir dans une relation, un engagement, un geste de soin, un projet, une conversation, une transmission, une manière plus consciente d’habiter notre quotidien. Parfois, il ne ressemble pas à une grande révélation. Il ressemble simplement au retour d’un mouvement vers la vie.
Nous pouvons continuer à avoir des questions et, en même temps, recommencer à nourrir ce qui compte. Le sens ne se trouve peut-être pas toujours dans une réponse. Il peut aussi se construire dans notre manière d’être en relation avec la vie.
Certaines questions sont difficiles à traverser seul
Certaines questions sont difficiles à traverser seul. C’est une partie importante de mon travail en accompagnement. Nous pouvons regarder ensemble la situation présente, ce qu’elle vient toucher émotionnellement, les réactions qu’elle provoque dans le corps et les liens qui apparaissent avec votre histoire.
Selon ce qui émerge et selon votre sensibilité, mon approche peut également intégrer une lecture énergétique et explorer certains éléments familiaux ou transgénérationnels ; pour les personnes qui s’inscrivent dans cette vision, une dimension plus spirituelle ou karmique peut aussi être questionnée. Je tiens néanmoins à conserver la même posture : nous explorons des pistes, nous ne fabriquons pas une explication pour remplir à tout prix l’espace laissé par l’inconnu.
L’objectif n’est pas de vous dire pourquoi la vie vous a fait vivre telle ou telle expérience, mais de vous aider à mieux comprendre ce qui se joue aujourd’hui, à distinguer ce qui appartient au présent de ce qui peut être réactivé, et à retrouver davantage d’espace pour avancer.
Un accompagnement énergétique ne remplace pas un suivi médical ou psychologique lorsqu’il est nécessaire.
Peut-être que la paix ne viendra pas du « pourquoi »
Peut-être que la paix ne viendra pas toujours du « pourquoi ». Peut-être qu’elle apparaîtra parfois lorsque la réponse cessera d’être la condition indispensable pour pouvoir continuer à vivre.
Nous pouvons chercher à comprendre ce qui peut l’être, rester curieux de notre histoire, accueillir les pistes qui nous parlent et conserver notre discernement. Nous pouvons aussi accepter qu’une partie du réel nous échappe, sans renoncer pour autant à notre capacité de choisir ce que nous voulons encore nourrir.
Je ne connaîtrai peut-être pas toujours le pourquoi. Mais je peux progressivement retrouver mon comment.
Vous vous reconnaissez dans ces questions ?
Vous traversez une période qui vous laisse avec beaucoup de questions ? Vous avez besoin de faire le tri, sans mettre de côté ce que vous ressentez ?
J’ai créé ce guide offert pour vous aider à regarder votre situation avec un peu plus de clarté. Vous y trouverez des repères et des pistes de réflexion pour avancer, même si toutes les réponses ne sont pas encore là.
Questions fréquentes sur la perte de sens
Pourquoi ai-je autant besoin de comprendre ce qui m’arrive ?
Parce que notre esprit cherche naturellement de la cohérence. Comprendre peut nous aider à nous orienter et à intégrer une expérience. La recherche devient surtout épuisante lorsque nous faisons d’une explication complète la condition indispensable pour pouvoir aller mieux.
Comment retrouver du sens à sa vie après une épreuve ?
Retrouver du sens ne signifie pas forcément découvrir pourquoi l’épreuve est arrivée. Il peut s’agir de renouer progressivement avec ce qui compte : des relations, des valeurs, des projets, des gestes ou des engagements qui redonnent une direction à la vie.
Comment accepter une situation que je trouve profondément injuste ?
Accepter ne signifie ni approuver, ni trouver la situation juste, ni pardonner automatiquement, ni renoncer à agir. Il s’agit d’abord de reconnaître la réalité présente afin de pouvoir décider de la manière dont nous souhaitons y répondre.
Est-ce que tout ce qui nous arrive a forcément une raison ?
Je ne pense pas que nous puissions affirmer que chaque événement possède forcément une raison cachée. Des lectures spirituelles, énergétiques, transgénérationnelles ou karmiques peuvent avoir du sens, elles restent des cadres d’exploration et ne devraient jamais devenir une certitude imposée ou une source de culpabilité.
Pourquoi est-ce que je comprends ce qui m’arrive mais que je n’arrive pas à aller mieux ?
Parce que la compréhension intellectuelle n’est qu’une partie du processus. Les émotions, les réactions corporelles, les apprentissages antérieurs, les relations et le besoin de sécurité peuvent continuer à être mobilisés même lorsque nous avons compris la situation avec notre tête.
Que faire lorsque je n’arrive plus à trouver de sens à ma vie ?
Il peut être utile de réduire la taille de la question : qu’est-ce qui compte aujourd’hui ? qu’est-ce qui dépend encore de moi ? de quoi ai-je besoin maintenant ? Si cette perte de sens devient durable ou s’accompagne d’une détresse importante, un soutien professionnel adapté peut être précieux.
Pour aller plus loin
Quelques références qui ont nourri cet article : Viktor E. Frankl sur la recherche de sens ; Crystal L. Park sur les processus de construction du sens face aux événements stressants ; Melvin J. Lerner sur la croyance en un monde juste ; Susan Nolen-Hoeksema et ses collègues sur la rumination ; Steven C. Hayes et les travaux sur l’Acceptance and Commitment Therapy et la flexibilité psychologique ; Judith Herman sur le trauma et la restauration de la sécurité ; Richard G. Tedeschi et Lawrence G. Calhoun sur la croissance post-traumatique.
Les informations et pratiques présentées dans cet article ont une visée informative et de mieux-être. Les soins énergétiques et les accompagnements que je propose ne constituent pas des actes médicaux et ne remplacent en aucun cas une consultation, un diagnostic, un traitement ou un suivi auprès d’un médecin ou d’un autre professionnel de santé qualifié. Ils peuvent être envisagés comme une démarche complémentaire, lorsque cela est approprié.
En cas de problème de santé, de symptômes persistants ou préoccupants, ou de souffrance psychologique importante, il est essentiel de consulter un professionnel de santé compétent. N’interrompez et ne modifiez jamais un traitement médical sur la base des informations contenues dans cet article ou à la suite d’un soin énergétique sans en parler au professionnel de santé qui vous suit.
